Faire manger des fruits et légumes aux enfants, était-ce plus simple avant ?

Voilà une réflexion que bon nombre d’adultes ont exprimé au moins une fois au grand jour : « À mon époque, on mangeait de tout et c’était comme ça ! » Nostalgie justifiée ou idée reçue ? On penchait plutôt pour la seconde solution. Explications.


Le gras et le sucré


Jérémie Lafraire est chercheur en sciences cognitives. Depuis cinq ans, il supervise notamment un programme de recherche sur les rejets alimentaires chez les 3-6 ans. Au fil des études, il constate quelque chose de clair : un enfant nait avec la même gourmandise.


"Lorsque nous naissons, nous sommes câblés, déterminés, pour aimer deux choses : le sucre et le gras. Vous prenez un nourrisson, vous lui donnez du sucre et du gras et vous pouvez voir sur ses expressions faciales qu’il est content. En revanche, vous lui donnez de l’acidité et de l’amertume; là il n’est pas content." (*)


Un enfant qui préfère donc un jus de pamplemousse à un gâteau au chocolat, cela ne datait pas d'hier, ni pour demain (en même temps, personne n’y croyait vraiment…)


La néophobie alimentaire


Pour autant, faire manger des fruits et légumes aux enfants, est-ce un combat aussi dur qu’à notre époque ? Non car tout n’est qu’une question d’apprentissage des goûts et de sensations.


À partir de 2-3 ans , la néophobie alimentaire - soit la peur de tout ce qui est nouveau dans l’assiette - touche de nombreux enfants. C'est ce phénomène qui explique souvent les difficultés rencontrés par les parents.


« Comme pour l'acidité ou l'amertume, la reconnaissance d'un aliment sous différentes formes fait également partie d'un apprentissage », dit le chercheur. Ainsi, il est important que présenter un aliment - une carotte par exemple - en purée, mais également sous forme de cubes ou de frites.


En revanche, ce qui a changé par rapport à une époque plus lointaine, c’est l’abondance des produits. Avec les supermarchés et les nouvelles tendances alimentaires, un enfant se retrouve souvent confronté à un choix. Les effets néfastes du fameux marketing alimentaire.


Deux conseils pour bien manger


1) Ne cédez pas au chantage alimentaire, cela ne marche pas ! Une cuillère de brocolis pour un morceau de chocolat ne lui fera pas plus aimer les brocolis, bien au contraire…


2) Cuisinez avec vos enfants ! Faites-lui goûter des aliments dans contrainte, ni pression. Partagez également les repas et mangez la même chose, c'est essentiel.


Enfin, partagez ensembles nos fables culinaires.


(*) : LCI, octobre 2018